Les émois du Clubbing en France

Jingles, annonces musicales et effets sonores
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L’univers festif de la nuit génère à lui seul de très nombreux emplois et permet de faire travailler de nombreux intermittents et corps de métier différents: artistes, DJs, D.A, techniciens, serveurs ou barmen, videurs, physios, employés administratifs, prestataires de services et sous traitants..

En 2009, une pétition (sous forme de lettre ouverte) a été largement diffusée sous le titre alarmiste de «Paris quand la nuit meurt en silence» afin de “sauver ce qu’il reste de la vie nocturne parisienne”.

Selon les initiateurs de cette pétition, le milieu de la nuit (bars musicaux, discothèques, salles de spectacles, clubbing, afters..) subit une recrudescence d’annulations de soirées (problèmes de voisinages, nuisances sonores, trafics subis,  problèmes financiers, classification des établissements recevant du public, émissions sonores limitées et obligation d’isolation phonique..); de fermetures administratives ou d’amendes (sécurité, mise aux normes, perte d’autorisation de nuit ou de licence..); un exile des artistes vers d’autres capitales plus avant-gardistes; et d’une manière plus générale de la raréfaction des soirées..

DR:quandlanuitmeurtensilence.com

Bref, on ferait toujours la fête mais plutôt à Bruxelles, Berlin, Londres, Barcelone ou Ibiza. Les Clubbers (fêtards) sont de plus en plus nombreux à migrer le temps d’un weekend (forfaits avantageux ou prix d’appels “all included”) vers des capitales qui organisent avec bienveillance, des événements à leur attention. Les grandes villes françaises souffrent d’une urbanisation hyper centralisée et d’une réelle pression foncière et immobilière, d’un manque de lieux d’expression culturelle notamment en ce qui concerne les musiques actuelles et celles à la mode (techno, musiques électroniques..).

Ce triste constat fait par certains professionnels de la nuit (la Province est également concernée) est causé par un certain embourgeoisement des centre-villes et l’arrivée de gens qui aspirent à plus de tranquillité alors qu’ils habitent dans des capitales à forte densité de population. La densité urbaine à Paris ne fait que compliquer les choses, presque tous les espaces sont résidentiels et la cohabitation est parfois très difficile avec le voisinage ou les riverains. Dans certaines capitales comme à Londres, il y a des quartiers où on sort faire la fête, et ceux où l’on vit. Certaines villes comme Berlin sont plus enclin à la vie nocturne et au tourisme que cela engendre, certaines autres capitales européennes ont une certaine culture de la vie nocturne car il n’y a pas que les monuments et les musées à visiter dans un pays. Il ne faut pas oublier que les Clubs ou discothèques sont des lieux de rencontres, de mixité et de fête ce qui n’est pas négligeable d’un point de vue économique et touristique.

Parallèlement, il y a eu également la promulgation de la loi anti-tabac qui a déclenché une reprise des hostilités entre les riverains et les établissements recevant du public, puisque la clientèle passe désormais une partie de son temps à l’extérieur de ces établissements pour fumer et discuter. Les responsables d’établissements doivent désormais gérer le bruit de leurs clients dans la rue (responsabilité). C’est une Loi dont les sanctions concernent surtout les organisateurs de soirées. Certains petits établissements n’ont pas les moyens financiers de mettre à disposition de leur clientèle, des espaces réservés ou un fumoir équipé de systèmes d’extraction ou de ventilation. Cela créé parfois des confusions entre les nuisances provenant de la diffusion musicale et les troubles de voisinage liés à l’occupation des trottoirs.

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Suite à cette pétition qui a été signée par de très nombreux acteurs du marché du nightclubbing et des spectacles (plus de 2000 signatures recueillies: bars, salles de concerts, clubs, réseaux et syndicats professionnels..), le Conseil de Paris a voté le principe de rencontres intitulées “les États généraux de la nuit”. Il s’agit d’organiser régulièrement une rencontre entre des acteurs locaux, les professionnels de la nuit et les interlocuteurs de dimension nationale (Ministères de la Culture, de l’Économie, du Tourisme, de la Sacem) pour faire le tour des problématiques liées à la nuit.

Désormais, selon un décret publié le 27 décembre 2009 au Journal officiel, les discothèques pourront être ouvertes jusqu’à 7 heures du matin, partout sur le territoire français. Jusqu’à présent, l’heure limite de fermeture variait d’un département à l’autre avec des écarts parfois importants. Le texte instaure également une heure et demie dite «blanche». Donc à partir de 5h30 du matin, les établissements ne pourront plus servir d’alcool.

Laisser penser que la nuit provinciale ou parisienne pourrait s’épanouir sans troubler la parfaite quiétude d’un seul riverain est une pure hypocrisie. Vivre ensemble dans une métropole ne peut pas se faire sans des efforts conjoints dans un espace public qui doit être partagé par tous avec bienveillance et en toute intelligence. Il faut développer et sécuriser ce secteur d’activité, source de nombreux emplois. La nouvelle génération de Clubbers est plus exigeante en terme d’accueil, d’attentes, et d’image. La jeune clientèle a été élevée avec les clips vidéo, Internet, les très nombreuses chaînes de radios et télévisions, les jeux vidéos etc.., elle est assez formatée en terme d’attentes artistiques. La difficulté pour les organisateurs d’évènements est d’impressionner une clientèle qui est devenue très exigeante et qui est parfois «blasée». Il est donc de plus en plus difficile de susciter l’intérêt d’une clientèle avisée qui n’hésitent pas à sortir dans de véritables multiplexes, « parties » ou circuits festifs organisés bien souvent à l’Etranger.

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